Il n'y a pas de fin ; Il n'y a pas de début
Il n'y a que la passion infinie de la vie.

Federico Fellini.

Toutes nos passions reflètent les étoiles..
Victor Hugo.


Celui qui est capable de ressentir la passion, c'est qu'il peut l'inspirer.
Marcel Pagnol.

Le bonheur sans histoires, ça me parait très chiant.
BB Brunes.

Dance me, to the end of Love...
Léonard Cohen.

Amour, ange de neige et visage aux yeux clos.
Louis Emié.

Il faut être nomade et traverser les idées comme on traverse les villes et les rues.
Francis Picabia.

Le soleil noir de la Mélancolie..
Gerard de Nerval.




Note Moi ici : *


A lire : * & * Deux fictions totalement Géniales que je vous conseille =)


[ 100 ][ 200 ][ 300 ][ 400 ][ 483 ][ 500 ][ 600 ][ 700 ][ 800 ][ 900 ]

# Posté le jeudi 11 décembre 2008 11:26

Modifié le jeudi 30 avril 2009 13:17

Il n'y a pas de fin ; il n'y a pas de début. Il n'y a que la passion infinie de la vie.Federico Fellini.

Il n'y a pas de fin ; il n'y a pas de début. Il n'y a que la passion infinie de la vie.Federico Fellini.
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_________ Noël... Déjà. Je hais cette période. Ce moment de l'année où tout le monde sourit tout le temps. Où les gens sont heureux pour tout et rien. Où il est impossible de sortir sans voir ces lumières qui aveuglent, sans entendre ces chants débiles.. Où les magasins sont toujours blindés de monde mais où il est impossible de trouver quoique ce soit. Rupture de stock. Noël... Qui se prépare des mois à l'avance. Le 26 décembre passé il faut déjà penser au suivant. Noël... Autour de quoi tourne la vie de tous les enfants de cinq à quatre-vingts-quinze ans. Noël ... Fête idiote utile seulement à faire payer les gens. A dépenser de l'argent. Utile à quoi au fond à part ça ?
_____Ça fait trois ans exactement que je ne supporte plus cette effervescence de la fête des enfants. Je m'efforce chaque année de considérer cette période comme banale. D'oublier. Et je n'ai jusqu'à aujourd'hui trouvé qu'un seul moyen : travailler.
_____Parce que oui, même le soir de Noël on peut travailler.
Alors dans les coulisses : Le stress. Les fringues. La drogue. Le champagne. Les feuilletons. Les potins. La coke et bien sur les talons hauts.
Et puis sur la piste : Les hommes. Les sourires. A droite. A gauche. Les flashs. Les poses. Les photographes.
_____C'est en quelques mots l'histoire de mon réveillon. Depuis trois ans maintenant je défile le soir de Noël. Pour ne plus penser à rien. Pour oublier. Mais ce soir n'est pas un soir comme les autres. C'est Noël, bien sûr. Mais surtout, ce soir ça fait trois ans. Trois ans qu'il est parti.
Trois ans qu'il m'a abandonnée, me dis-je. Mais sans le penser vraiment. Parce qu'au fond de moi je sais bien qu'il voudrait être là, à mes cotés. Il voudrait me voir défiler. C'est aussi pour lui que je fais tout ça. C'était sont rêve de me voir devenir mannequin. C'est aussi parce que je ne veux pas oublier. J'ai peur de vivre à nouveau. Sans lui...
_____Alors ce soir pour une fois je n'irai pas travailler. Ce soir, j'oublierai les flashs des photographes, et le stress avant d'entrer sur la piste. J'oublierai nos visages fermés, et nos pieds l'un devant l'autre. J'oublierai les poses. J'oublierai la drogue, la coke dans les coulisses. J'oublierai le champagne. J'oublierai aussi l'effervescence à la fin du défiler. Ce soir j'oublierai mon travail. J'irai le voir, pour la première fois depuis plus d'un an. J'oublierai aussi à quel point les cimetières me donnent la chair de poule. Dire qu'en trois ans je n'y suis allée que deux fois... Je sais qu'il ne m'en veut pas. Parce que pendant ces trois ans je n'ai pas arrêté de penser à lui. Pas une seconde son image n'a quitté mon esprit. La première année je ne pouvais pas sortir. Chaque personne me le rappelait. Un sourire, une expression, une mimique, un vêtement... Je le voyais partout et éclatais en sanglots dès que je réalisais qu'il n'était plus là. Il me manque tellement... J'ai peur de ne pas savoir vivre sans lui. S'il n'est plus là, plus rien ne me rattache à la vie....

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Note Moi ici : *

# Posté le mercredi 17 décembre 2008 06:43

Modifié le dimanche 03 mai 2009 07:55

Toutes nos passions reflètent les étoiles.Victor Hugo.

Toutes nos passions reflètent les étoiles.Victor Hugo.
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_________ Je pousse la porte du cimetière lentement. La vue de tout ces tombeaux me fait oublier tout ce qu'il s'est passé aujourd'hui. Je me concentre sur Lui, uniquement sur Lui. Le portillon grince en se refermant et je prends lentement le chemin de sa stèle. Je me souviens du nombre de pas à effectuer pour le rejoindre, tellement bien que je pourrais le faire les yeux fermés.
_____Et plus je m'approche, moins j'ose regarder. C'est tellement dur de l'imaginer allongé, immobile dans cette caisse en bois... Mes pas crissent sur la neige et je sens que je suis arrivée. J'ouvre lentement les yeux. Ils se posent aussitôt sur un inconnu agenouillé dans la neige, devant sa tombe. Il sursaute et lève les yeux vers moi. Je ne dis rien. J'ai besoin de me retrouver. Mais surtout de Le retrouver. Trois ans déjà... Je me laisse lentement tomber dans la neige, aux cotés de l'inconnu, mais sans un regard pour lui. Lucas... Je prononce son nom doucement. Pourquoi tu es parti ? pensais-je. Et à nouveau, mes yeux se remplissent de larmes. L'inconnu me tend un mouchoir. Je murmure un vague merci et renifle, caressant du bout des doigts la pierre froide sous laquelle il repose.

-
Tu as vu Lucas ? Je suis pas allée travailler aujourd'hui ! J'avais besoin de te parler. Tu sais à quel point je hais les cimetières, mais bizarrement c'est là où je me sens le mieux, proche de toi. J'ai tellement besoin de toi...

_____Je lui parle à mi-voix, ignorant l'inconnu, à mes cotés qui écoute surement la "conversation". J'ai besoin de Lui parler, de Lui raconter.

-
Mais toi alors ? continuais-je. Je parle de moi, mais dis moi, c'est bien là haut ? Tu es heureux au moins ?! Ici c'est terne sans toi. Où sont elles passées toutes ces journées à se chamailler dans l'appart' ? D'ailleurs, en parlant de ça, je l'ai vendu il y a quelques temps. Je suis désolée, je sais combien il comptait pour toi mais j'arrivais plus à vivre dedans. Chaque pièce te rappelait à moi et je passais mes journées à sangloter au fond de mon lit.. C'était plus possible. J'y retournerai un jour si tu veux...

_____L'inconnu bouge légèrement, regardant sa montre. Je consulte l'heure à mon tour et m'aperçois que je devrais être déjà partie.


-
Haan Lucas il faut que j'y aille ! Désolée. Je reviens bientôt c'est promis ! Je t'aime.

_____Je me relève rapidement et lève les yeux au ciel : une nuée de corbeaux s'envolent en croassant. Je frissonne, resserre ma veste et m'éloigne en direction de la voiture. La porte claque. La neige tourbillonne dehors. En face de moi, j'aperçois encore l'inconnu, toujours agenouillé dans la neige. Je hausse un sourcil. J'avais cru le voir partir... Une tonne de questions se bousculent dans ma tête. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Je ne l'avais jamais vu auparavant. Il est courbé devant la tombe de Lucas, l'air réellement triste, comme s'il le connaissait bien. Mais alors pourquoi ne m'en a-t-il jamais parlé ?


-
Lucas... soupirais-je. Tu m'as laissé avec tellement de mystères sur les bras...

_____J'inspire un grand coup. Je pensais qu'avec le temps ce serait moins dur. Loin de là... Il est toujours aussi présent et je n'arrive pas à me détacher de lui. Ça a beau parfois être rassurant de me dire qu'il sera toujours avec moi, ça me fait tout de même peur. Jamais je ne réussirai à vivre s'il ne s'en va pas.
_____La sonnerie de mon téléphone portable me sort brutalement de mes pensées.

" Luna"

_____Je lève les yeux au ciel en souriant. Non, elle ne me lâchera pas elle, jamais ! Elle a décidé de me trainer à une fête ou je ne sais où et elle n'en démordra pas ! Peut être que je réussirai à vivre si tu n'es plus là, si elle est là.. me dis-je finalement.


-
Ana' ! Qu'est ce que tu fous ? râla-t-elle quand je décrochai.

_____ En réalité, mon prénom c'est Anastasia, mais je ne le supporte pas. On m'a donc toujours appelée An' ou Ana'.


-
On a encore la manucure, le coiffeur, l'esthéticienne, le maquillage,... continue-t-elle sans me laisser le temps de respirer.

_____Je la devine, le nez dans son agenda, en train de paniquer parce que le mec sur qui elle flashe depuis des mois sera à la soirée.


-
Lou', calme toi, dis-je. Déjà, je ne suis pas invitée à cette soirée...

_____Elle ne me laisse pas le temps de finir ma phrase et marmonne un truc inaudible du genre "c'est arrangé, t'inquiète pas !" Je respire calmement. Si je ne le fais pas, je craque, et elle réussira à m'y trainer à cette soirée !


-
Souffle pas comme ça ! s'énerve-t-elle. Je sais ce que tu penses, oui tu vas y aller à cette soirée, je t'y trainerai de force si il le faut ! Et tu sais pas le meilleur ? C'est que tu vas même t'amuser ! Juste pour moi. Tu sais bien ce que ça représente pour moi cette fête ! Et puis merde sort un peu ! Fais toi plaisir. Vis ! Je te promet que Lucas ne t'en voudra pas, au contraire ! Donc, on se retrouve dans dix minutes chez moi. Cherche pas, t'as pas le choix ! A tout de suite An' !

_____Et elle raccroche sans plus d'explications. De toute façon elle sait bien que dans 10 minutes je serai chez elle alors... Je lève les yeux. L'inconnu est parti sans que je m'en aperçoive. Il m'intrigue. Je secoue la tête. "An', arrête de réfléchir comme ça, tu te fais du mal pour rien !" me dis-je. Je mets rapidement le contact et pars chez Lou'.

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Note Moi ici : *


# Posté le jeudi 18 décembre 2008 11:52

Modifié le vendredi 27 février 2009 02:04

Celui qui est capable de ressentir la passion, c'est qu'il peut l'inspirer.Marcel Pagnol.

Celui qui est capable de ressentir la passion, c'est qu'il peut l'inspirer.Marcel Pagnol.
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Première Partie :


_________
-
Non Lou' ! Je veux pas y aller ! m'écriais-je.

_________Elle fait les cent pas dans le salon, en face de moi.

-
Bordel An' tu peux pas me faire ça, et puis tu as besoin de sortir, c'est Noël quand même !

_________Les larmes me montent direct aux yeux. Noël... Lucas... Je fais direct le rapprochement. Luna voit que c'est encore douloureux pour moi. On était tellement proches tout les trois... Elle s'approche et me serre dans ses bras.

-
Anastasia... Mon Ana' chuchote-t-elle. Ca va aller ma puce, je suis là moi. Je serai toujours là pour toi tu le sais bien. Tu sais aussi que je ne fais pas tout ça contre toi ! Je ne le ferais jamais si je pensais que c'était mauvais pour toi...

_________J'acquiesce. Une boule se forme dans ma gorge. Il me manque tellement... Je sers Luna un peu plus fort contre moi.

-
Alors tu viens ? me demande-t-elle.

_________J'acquiesce une nouvelle fois. Elle a raison, j'en ai besoin. Et puis elle a déjà tellement fait pour moi... Quel genre d'amie je serais si je n'acceptais pas de sortir pour elle, juste une fois ! J'ai besoin de faire la fête. J'ai besoin de m'amuser un peu. J'ai besoin d'arrêter de me prendre la tête. J'ai besoin ...
_________ Luna me regarde en souriant.

-
T'as surtout besoin d'une bonne douche, d'une manucure, d'une épilation...me dit-elle malicieuse.

_________Je ris.

-
Ben je t'en pries, dis tout de suite que je suis un cas désespéré ! maugréais-je.
-
Mais nan t'inquiète, il y a toujours quelque chose à faire même dans le pire des cas !
-
Pfff...
-
Au lieu de râler, viens plutôt te préparer, on n'a plus que trois heures, ça va être la course !

*

_________Nous voilà devant la porte de chez... Merde je sais plus ! Je pousse Luna du coude :

-
Dis ? On est chez qui déjà ?

_________ Elle leva les yeux au ciel.

-
An' ! Je te l'ai déjà dit trois fois ! s'exclama-t-elle, visiblement mécontente.
- Mais j'y peux rien si ils ont des noms inretenables !
- Pff' t'abuses ! Bon alors, je t'explique une dernière, mais une dernière fois hein ?! La fille, tu vas voir on la reconnait elle a des cheveux magnifiques toutes les filles sont jalouses, donc elle, c'est Ellana. Son frère, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, c'est normal ils sont jumeaux, c'est Salim.

_________ Je répète mentalement ce qu'elle vient de me dire. "Surtout ne pas faire de gaffes" pensais-je.
_________ Ça fait longtemps que je n'ai pas fait la fête avec d'autres personnes que mes collègues de boulot, je peux vous assurer que l'ambiance est totalement différente !

-
Ok merci, murmurais-je.


_________ A ce moment, Lou' appuya sur la sonnette et je pris mon sourire de circonstances.
Quelques secondes plus tard, une brune magnifique se tenait dans l'entrée.

*


_________ Il est minuit. J'ai enfin réussi à me détendre. Quelques filles m'ont complimenté sur ma tenue, j'en ai profité pour leur filer quelques conseils sur comment se mettre en valeur. Apparemment ça leur à fait plaisir et on a papoté toute la soirée. Ça a peut être du bon de sortir de temps en temps ! Luna a disparu depuis une heure environ, la dernière fois que je l'ai vue, elle discutait avec son coup de c½ur ou de foudre peut être, Tom je crois. Elle m'a rabâché pendant une heure au moins qu'il fallait que je me trouve un mec ce soir, que j'avais pas le choix. J'observe Salim de loin. Il est sympa et plutôt mignon mais... Je sais pas. Luna m'a glissé toute à l'heure que je lui plaisais bien. Ce qui me conforte dans le fait que je ne sortirai pas avec, j'aurais l'impression de me foutre de sa gueule. C'est surement quelqu'un de génial et je pourrais pas lui faire ça...

-
Et toi Anastasia ? T'as un copain ?

_________ La voix de Meredith, une des filles avec qui je discute depuis toute à l'heure, me tire de mes réflexions.

-
Nan, pourquoi ?

_________ Elle parait surprise de cette réponse.

-
Ben... Je sais pas, je m'étais dit que jolie comme tu es, tu devais avoir le monde des mecs à tes pieds.


_________ J'éclate de rire.

-
Tu sais, il n'y a pas que le physique qui compte, et en général, une fois qu'on me connait, on abandonne assez rapidement.

_________ Une voix dans mon dos me fait sursauter.

-
Ha bon ?! Tu fais si peur que ça ?

_________ Je me retourne brusquement et reste sans voix. Puis, je jette un regard interrogateur aux filles. Il continue, sans se soucier de ma surprise.

-
Quand je t'ai vue tout à l'heure, tu avais pourtant l'air totalement inoffensive !

_________ L'inconnu du cimetière... Ma carapace se reforme aussitôt. On retrouve ainsi la première Anastasia, celle qui se protège de tout par la fierté, l'agressivité et la méchanceté. Je me lève brusquement et lui fait face :

-
On peut savoir ce que tu faisais là toi ? Tu cherchais quelqu'un d'inoffensif c'est ça ? C'est parce que tu m'as vue pleurer que tu es si fier de toi ? Il n'y a pas de quoi tu sais, loin de là !

_________ Il reste muet. Je continue, presque au bord des larmes, mais tellement énervée...

-
Lucas c'était qui pour toi ?

_________ Là c'est bon, je suis en rogne. J'en ai marre de le voir me regarder comme ça sans rien dire ! Il ne bouge pas un cil et me fixe d'un regard inexpressif. Je le soutiens, sans y croire réellement. Après une ou deux minutes qui m'ont paru des heures, il remue enfin et me fait signe de le suivre à l'écart. C'est ainsi que je remarque qu'une majorité de la salle a les yeux braqués sur nous. Je lève les miens au ciel. Ils n'ont rien d'autre à regarder eux ou quoi ? Je vois l'inconnu sourire légèrement à ma réaction. "Ben quoi c'est vrai nan ?" pensais-je. Il m'emmène à l'étage, sur un balcon à la lumière des étoiles.
_________ Sans un mot, il s'accoude à la balustrade et observe le ciel. Je le regarde, silencieuse. Un tas de questions se bousculent encore une fois dans ma tête. A croire que c'est la mode quand il est là... Soudain, une phrase s'impose à mon esprit. Totalement dénuée de sens et pourtant... J'arrête pas de me dire qu'il est beau... Sans aucune raison particulière. Je réalise à cette instant que je ne sais absolument rien de lui. Et, comme s'il lisait dans mes pensées, il se tourne vers moi et me lance :

-
Qu'est ce que tu veux savoir ? Pose moi toutes les questions qui te trottent dans la tête, j'y répondrai le plus précisément possible.

_________ Prise au dépourvu, je ne trouve rien à répondre. Il me demande alors en montrant les étoiles :

-
Crois tu qu'Il nous voit de là haut ?


Deuxième Partie :


_________ Pas besoin de demander quoique ce soit, il parle de Lucas. Je souris alors de sa remarque, tout simplement parce que je me suis posée la question des dizaines de fois, peut être même des centaines sans jamais avoir de réponse claire. Pourtant je reste persuadée d'une réponse, celle que je voudrais entendre je suppose. Je murmure alors un "oui", peut être pas convaincant, mais certainement convaincu.
Il sourit.

-
Je crois aussi. dit-il.

_________ Il se réappuie sur la balustrade et commence à raconter. Il a une voix douce, rassurante. "Sexy" m'aurait dit Luna. J'écoute.

-
Je m'appelle Matthew. Quand j'avais trois ans, mes parents sont morts dans un accident de voiture, banal, mon père roulait trop vite, la route était gelée, il a loupé un virage. Je me suis retrouvé à la DASS, allant de familles d'accueil en familles d'accueil, sans jamais y rester plus de six mois. J'étais un enfant difficile parait-il. Incompris surtout. Jusqu'à ce que je rencontre Lucas. Il est devenu, en très peu de temps, comme mon frère. Je me suis calmé et suis redevenu, grâce à lui un enfant sage. La directrice du foyer n'en croyait pas ses yeux, pourtant, c'était bien vrai, j'étais discipliné, agréable et poli. Elle a prolongé la période d'essai de deux mois et je ne changeais pas. C'est ainsi que j'ai pu rester dans sa famille. Cinq ans plus tard, son père a été muté en Allemagne, n'étant pas leur fils, ni biologique, ni adoptif, je n'ai pas eu le droit de les suivre. J'avais douze ans quand on a été séparés. Au début, nous gardions contact, puis la distance, trop importante, nous a définitivement éloignés. Je suis redevenu rebel et délinquant, je ne supportais plus personne, et comparais chacune des familles dans lesquelles ont m'envoyait à celle de Lucas. A ma majorité, enfin libre, j'ai décidé de venir vivre dans son pays. Je ne l'ai jamais oublié. Et même si j'étais devenu l'opposé de ce que nous voulions être tous les deux, je pensais sans cesse à lui. Arrivé ici, j'ai commencé mes recherches, je devais le retrouver. Au bout de deux mois, j'ai appris sa mort. Sans y croire vraiment, je suis allé voir ses parents. Ceux que je considérais comme les miens. C'est ainsi que j'ai du me confronter à cette réalité. Cela fait deux ans et demis à peu près et je n'ai jamais réussi à aller me recueillir sur sa tombe, enfin... Jusqu'à aujourd'hui. J'ai senti que je devais y aller. C'était un hommage qu'il fallait que je lui rende. Voilà en gros mon histoire..

_________ Je reste muette quelques instants. Alors c'était lui ce frère dont il me parlait tout le temps ? C'était lui qu'il n'avait jamais pu me présenter ? Celui qui était si souvent absent... Lucas me parlait souvent de lui, mais jamais il ne m'avait raconté cette histoire...

-
Et toi alors ? Qui était-il pour toi ? me demanda-t-il.

_________ Je rassemble rapidement mes souvenirs.

-
Moi, c'est Anastasia, 21 ans, mannequin. C'était un souhait de Lucas cette profession. Depuis qu'on se connaissait, il n'arrêtait pas de me dire Mais An', tu es magnifique, tu as la taille, le poids... Pourquoi tu te lances pas ? J'ai cédé. On s'est rencontrés en seconde. Comment ça se fait, je sais pas, mais dès que je l'ai vu, j'ai tout de suite su qu'il ferait parti des "vrais". Je ne me suis pas trompée. Luna, lui et moi, nous formions un Tout. Un vrai ménage. Nous habitions dans le même appart', allions au mêmes cours,... A cette époque, j'étais à deux doigts d'accrocher ce qu'on appelle le bonheur... Jusqu'à ce Noël, il y a trois ans... Tout s'est brisé d'un seul coup. Pendant longtemps, j'ai pensé que c'était de ma faute, j'étais trop heureuse et ça m'était interdit... Puis peu à peu j'ai remonté la pente, grâce à Luna. Si elle n'était pas là aujourd'hui, je n'existerais pas non plus. Nous avons réussi à reformer notre petit équilibre, enfin presque.. Il y a toujours quelque chose de manquant. Mais j'ai compris qu'il n'aurait jamais voulu que je le rejoigne, pour rien au monde. Alors je me suis réfugiée dans le boulot. Pour deux raisons, me souvenir et oublier. Parce que c'est la seule chose qui me rattache à lui aujourd'hui mais aussi parce que ça m'empêche de réfléchir... J'ai horreur des cimetières, pourtant... Je sais pas j'ai eu besoin de m'y rendre aujourd'hui.. Bizarre hein ?


_________ Il me regarde en souriant.

-
Non, pas vraiment. Enfin, si peut-être, mais j'ai ressentis la même chose, je peux pas juger...

_________ Nous nous perdons quelques instants dans la contemplation des étoiles. Enfin, lui surtout. Moi, je le regarde. J'essaie de l'imaginer plus jeune, en compagnie de Lucas. Je me demande comment ils ont grandi, s'ils se ressemblaient... Et petit à petit, ce n'est plus Lucas et Matthew que je vois. Lucas disparait peu à peu de mes pensées.. Enfin disparait, le temps d'un rêve, le temps d'une évasion. Je l'observe, juste lui, à mes cotés. Et cette phrase qui me martelait le crâne toute à l'heure me revient soudain en tête. A la différence que cette fois-ci, je n'essaie pas de la chasser. Oui, il est beau, vraiment. Quelques mèches noires lui barrent le visage, elles renforcent cette impression mystérieuse qui émane de lui. Ses yeux sont plongés dans la contemplation du ciel. Je les observe et essaie de deviner leur couleur. L'obscurité me trouble, mais je décide finalement qu'ils sont gris. Oui, gris, parce que ce n'est pas une couleur habituelle, tout comme lui, ce n'est pas un personnage habituel. Je le regarde fixement. J'essaie de comprendre par où il est passé, ce qu'il a enduré.. J'aimerais savoir tant de choses sur lui que ça me perturbe... Il a du sentir mes yeux posé sur lui car il se retourne, l'air interrogateur. Je ne distingue toujours pas la couleur de ses yeux, j'ai juste envie de m'y perdre... Je me détourne soudain, gênée. J'ai comme l'impression qu'il peut tout savoir de moi juste en croisant mon regard. Ça me fait terriblement peur. J'ai toujours été quelqu'un de secret, de réservé. Avec Lucas, tout avait été différent, il savait ma vie dans les moindres détails, sans que j'aie à ouvrir la bouche. Très rapidement, il a tout su de moi. Sa mort m'a comme arraché une partie de l'âme, je n'ai plus jamais été la même après... Pour Luna, c'est exactement pareil, nous sommes liées comme deux s½urs. Comment réagiriez vous si vous perdiez votre s½ur jumelle, votre moitié ? Luna et moi, c'est un peu ça. Je ne pourrais plus vivre si elle n'était plus là.. Et c'est pour cette raison que depuis trois ans, je ne m'attache plus aux gens, j'ai trop peur.. Ça fait trop mal... Beaucoup trop mal... C'est aussi pour cette raison que je ne veux plus rien savoir de Matthew. Alors, sans crier gare, je me retourne et pars rejoindre Luna. Il me lance un regard interrogateur et, après un bref Attends, disparait de ma vue. Luna est assise dans un coin du salon, dans les bras de son "Jules". Sans aucune explication, je la prends par le bras et la traine hors de la salle. Au passage, je remercie Ellana et Salim pour la soirée. Quelques instants plus tard, nous sommes dans la voiture. Luna me fixe. A l'intensité de son regard, je peux deviner la force de la tempête qui devrait déferler sur moi d'une seconde à l'autre. Je compte mentalement jusqu'à cinq et me fait percer les tympans par un cri suraigu.

-
Bordel An' ! Qu'est ce qu'il t'as pris ?!


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Note Moi ici : *

# Posté le lundi 22 décembre 2008 06:15

Modifié le dimanche 03 mai 2009 08:03

Le bonheur sans histoires, ça me parait très chiant.BB Brunes.

Le bonheur sans histoires, ça me parait très chiant.BB Brunes.
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- Je suis désolée, Lou, vraiment. Mais c'était un cas d'extrême urgence !
-
Du genre ? demanda-t-elle en haussant un sourcil.

_________ J'hésite. Qu'est ce que je pourrais bien lui dire ? C'est vrai, après tout je n'avais aucune raison de fuir comme ça. C'était un ami de Lucas...

-
On peut rentrer à la maison s'il te plait ? Va dire au revoir à Tom, mais je suis crevée.

_________ Elle me regarde d'un air inquiet.

-
C'est vrai que t'as pas l'air bien ! Je reviens tout de suite.

_________ Elle claque la porte et se dirige vers la maison. Je jette un coup d'½il dans le rétroviseur. J'ai vraiment une sale mine ! Besoin d'une bonne nuit de sommeil je crois.
_________ Luna réapparait après quelques minutes et nous rentrons enfin à la maison.

*

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un c½ur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

J'ai tout appris de toi sur les choses humaines
Et j'ai vu désormais le monde à ta façon
J'ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines
Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines
Comme au passant qui chante on reprend sa chanson
J'ai tout appris de toi jusqu'au sens du frisson

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un c½ur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

J'ai tout appris de toi pour ce qui me concerne
Qu'il fait jour à midi qu'un ciel peut être bleu
Que le bonheur n'est pas un quinquet de taverne
Tu m'as pris par la main dans cet enfer moderne
Où l'homme ne sait plus ce que c'est qu'être deux
Tu m'as pris par la main comme un amant heureux

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un c½ur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes
N'est-ce pas un sanglot de la déconvenue
Une corde brisée aux doigts du guitariste
Et pourtant je vous dis que le bonheur existe
Ailleurs que dans le rêve ailleurs que dans les nues
Terre terre voici ses rades inconnues

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un c½ur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement



_________ La musique sonne dans mes oreilles et un frisson me parcours l'échine. Cette chanson... Elle exprime tout, absolument tout. Cette chanson... C'est tout ce que j'aurais voulu dire à Lucas... Tout ce que je n'ai pas osé lui dire... Tout ce que je n'ai pas eu le temps de lui dire... Il me manque tellement... J'aurais du me réjouir d'avoir rencontré son presque frère, pourtant... Je n'y arrive pas. C'est comme si j'angoissais d'être à nouveau heureuse. C'est tellement loin... Tellement impossible... Lucas, il représentait la vie à mes yeux. Depuis sa mort, je me suis interdit de vivre, pour lui. Tout en sachant que c'était injuste, que ça n'était pas ce qu'il voulait... Il adorait mon rire et ma joie de vivre, j'en suis persuadée. Mais à présent je ne sais plus rire, je n'y arrive plus. A chaque fois, ça me transperce le c½ur, comme si je le trahissais. Brutalement donc, je redeviens sérieuse et repars dans ma bulle. Parce que là bas, je peux sourire, parce que là-bas, il est vivant, encore. C'est mon monde, c'est mes rêves. Et le réveil est de plus en plus difficile. Me rendre compte chaque jour qu'il n'est plus là est une vraie souffrance. Parce que depuis ce Noël, il y a trois ans, je suis morte. Morte avec lui. Sans cesse, je lui répétais que je ne pouvais pas vivre sans lui. Il répondais toujours Bien sûr que si Ana, un jour ou l'autre tu vivras sans moi, mais en attendant je suis là, alors profites en ! Arrête de toujours penser à l'avenir. Vis au jour le jour ! Mais je n'ai jamais pu. Et depuis qu'il est parti c'est pire. Je ne vis plus dans le futur, non, je vis au passé. Tous les jours un nouveau souvenir remonte à la surface. Un fou rire, un sourire... Tous les jours je me dis que j'aurais du être à sa place. Il ne méritait pas de mourir. Il avait encore tellement de personnes à rendre heureuses... Il avait réussi avec moi alors pourquoi pas avec d'autres ? Il avait le don de faire sourire toute personne, même la plus déprimée. Il était... Magique. Oh et puis pourquoi utiliser des verbes à l'imparfait. Je n'aime pas ce temps. Il signifie que tout est fini, que la vie est finie, et que plus jamais rien ne recommencera. Je n'y crois pas. Pas une seconde. Parce que oui, il était, il est et il sera toujours merveilleux. Dans mon c½ur, dans celui de Luna, et dans ceux de beaucoup d'autres. Son image restera gravée en nous à jamais. Tu m'entends Lucas ? Pour toujours tu seras avec nous, tu vivras à travers nous. Je te le promet. Encore une fois, les larmes me montent aux yeux. Et soudain, je me ressaisis. Je ne vais pas rester là à me morfondre sur mon sort. Je sais que j'ai énormément de choses à vivre encore. Alors oui, Lucas est parti, mais il sera toujours là, il vivra toujours à travers moi. Ça ne sera pas facile tous les jours, mais je suis certaine de pouvoir y arriver. De toute façon, je n'ai pas le choix. Je ne vais pas me laisser dépérir pour lui, ça serait injuste de lui remettre cette responsabilité sur le dos.
_________ Je me lève alors brusquement et enfile un pantalon de survet'. Il est 5h du matin ? Tant pis. J'ai besoin de me défouler. Mon I-pod toujours sur les oreilles, je sors donc dans la fraîcheur de la nuit.

_________ Quelques minutes plus tard, je cours a petites foulées dans les rues de Hambourg. La ville se réveille doucement. C'est l'heure de la journée que je préfère je crois. Le monde n'est pas encore salit par la pollution humaine. C'est comme une renaissance. Oui, c'est ça. J'aime beaucoup ce mot. Renaissance. Ça me fait penser au Ph½nix. L'oiseau qui a le pouvoir de renaître de ses cendres, de ressusciter. Si seulement Lucas avait ce pouvoir... Je me secoue. Arrête de penser à lui Ana ! Brutalement, je me reconcentre sur ma course. Après un rapide coup d'oeil à ma montre, je m'aperçois que je cours depuis plus d'une demie heure. Il est temps de prendre le chemin du retour.

*


_________ Me voilà enfin à la maison. Je sors de la douche, un léger sourire flottant sur mes lèvres. Ça fait réellement un bien fou. Je n'arrive pas à croire que soudain tout va bien, que tout va aller mieux.. La sonnerie de mon portable me sort brutalement de mes pensées, et, voyant le nom affiché sur l'écran, me prouve le contraire.


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Note Moi ici : *

# Posté le jeudi 15 janvier 2009 12:42

Modifié le vendredi 27 février 2009 02:08

Dance me to the end of LoveLéonard Cohen.

Dance me to the end of LoveLéonard Cohen.
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_________ J'y crois pas. Sérieusement, j'arrive pas. Comment a-t-elle pu ? Comment a-t-elle osé décrocher son téléphone et me balancer cette première phrase bateau ? Comment a-t-elle réussi à déblatérer toutes ces conneries sans respirer ? Et surtout, comment j'ai fait pour ne pas réagir ? Comment ai-je pu tenir une presque conversation normale avec... Elle ?!
_________ Voilà bientôt une heure que j'ai raccroché mon putain de téléphone pour le balancer contre le mur. Ivre de rage et de colère. Contre elle et contre moi. Toutes ces années sans nouvelles, et elle réapparait d'un seul coup comme ça, comme si rien ne s'était passé. J'étais tellement sidérée que je n'ai pas pu ou je n'ai pas su faire ce qu'il fallait. Ca me tue.. J'aurais du lui crier toute cette haine que je ressens quand j'entends sa voix. J'aurais du lui dire tout le mal qu'elle m'a fait. Mais au lieu de ça, j'ai discuté. Je n'en reviens pas. J'ai osé discuter avec la personne que je hais le plus au monde..A présent, je ne sais plus quoi faire. Je fais les cent pas dans le salon en me disant que Lucas aurait pu m'aider. Et, je me maudis d'abandonner mes résolutions si tôt. J'aurais du être forte et lui dire ce que j'avais sur le c½ur... Quelques larmes roulent le long de mes joues. Je les essuie sans ménagement. Je n'aime pas pleurer, c'est un signe de faiblesse, je voudrais prouver aux autres que je suis quelqu'un de fort...
_________ J'entends la porte d'entrée claquer. Surement Luna qui revient de son rendez-vous avec Tom. Depuis deux jours, un léger sourire flotte en permanence sur ses lèvres. On ne peut se dire qu'une chose en la voyant, "Amoureuse..." Elle a l'air tellement heureuse... Il y a des jours où je l'envie, vraiment. Elle est grave et innocente, je l'admire pour ça. Elle a su en grandissant, garder une petite part d'enfance au fond d'elle. Ses longs cheveux noirs relevés à l'aide d'une pince, ses yeux sombres, ses lèvres fines... Elle est ce qu'on peut appeler une jolie fille. Les hommes tombent facilement à ses pieds, mais elle n'en tient pas vraiment compte. Malgré les apparences, c'est une fille intelligente et cultivée qui n'est pas vraiment obsédée par l'idée de se trouver un petit ami. Elle est indépendante, même si elle rêve parfois du grand amour, comme toutes les filles je pense. Mais, depuis qu'elle a rencontré Tom, tout est différent. Juste à son regard, on peut voir que c'est le bon et qu'elle en est persuadée. Il lui a fallu un moment pour apprendre à le connaître, mais depuis la fête, tout s'est accéléré. Un nouveau mot s'est posé sur ses lèvres : "Officiellement..." Elle rêvait de ça depuis tellement longtemps... Je ne veux pas lui gâcher ce moment. Alors, je grimpe les quelques marches qui conduisent à ma chambre et m'enferme à l'intérieur. Quelques secondes plus tard, la musique résonne à nouveau dans mes oreilles. Elle me calme et m'apaise. Malgré moi, quelques perles salées coulent sur mes joues et des images sorties du passé me reviennent en tête.

Flash Back

Lundi 2 septembre 2002. Rentrée des classes.

_________ Salle 22. La classe de seconde 4 souffre en silence. Miss Spencer, professeur d'anglais et accessoirement professeur principal de cette classe, déblatère les << informations générales >> depuis une heure environ. Chaque élève, l'un après l'autre regarde sa montre. Espère une sonnerie, un évènement inattendu qui pourrait arrêter ce flot de paroles incessant. Quelqu'un frappe à la porte. Un souffle d'espoir se dirige en même temps que trente quatre regards vers l'entrée. Tous espèrent une seule chose : N'importe quoi. N'importe quoi qui puisse les sauver de cette torture de Serpent. Son surnom lui a déjà été attribué. Une heure à suffit. La classe promet de lui donner du fil à retordre ainsi qu'à l'ensemble du corps enseignant. Tous espèrent n'importe quoi même... Le proviseur. Il se tient dans l'entrée le col d'un garçon serré entre ses doigts. Celui-ci, l'air nonchalant scrute chaque élève. Ses yeux se posent sur chaque tête blonde d'un air réprobateur. Il soupire. Jusqu'à ce que son regard croise celui d'une jeune fille, assise au fond de la classe. Elle le fixe méchamment, et bizarrement, cela l'attire. Enfin, il se dit que peut être ce déménagement avait du bon. Elle, elle a les cheveux noirs relevés en une rapide queue de cheval, le regard d'encre de quelqu'un qui se dit qu'il n'a rien à faire ici. Elle, elle imagine que ce n'est qu'un idiot de plus dans un monde d'idiots, pourtant... Elle n'arrive pas à détacher son regard de lui. Lui, il a des mains fines et dures à la fois, des yeux charbonneux et des cheveux brillants. Lui, il se dit que personne ne vaut le coup depuis qu'il a quitté son presque frère, pourtant... Il arrive presque à oublier ce dernier en la regardant. La voix du principal les sorts tous deux de leurs contemplations mutuelles.

-
Il dit qu'il s'est perdu. Lâche-t-il, la voix fatiguée de quelqu'un qui en a déjà marre de son travail une heure a peine après le début de celui-ci.

_________ Le Serpent lève les yeux au ciel, indique une place au jeune homme et repars dans son fameux discours. Seulement, la place choisie par Miss Spencer ne plait pas à tout le monde, et surtout pas au garçon concerné, c'est pourquoi, il se dirige vers le fond de la classe. Ignorant la voix grinçante du Serpent qui le tonne de lui obéir. Sans un regard pour son nouveau professeur, il s'installe à coté de cette jeune fille. Celle si mystérieuse qui a attiré son attention quelques secondes auparavant. A la demande expressive de Miss Spencer, chaque élève prépare un carton avec son prénom à poser sur le devant de la table. Avant d'écrire le sien, le << nouveau >> jette un regard à celui de sa voisine.

" Ana' "


Il sourit. Surement un diminutif. C'est une idée qui lui plaît. Seulement, son prénom est impossible à diminuer. Il écrit donc simplement " Lucas " sur le sien. Puis, levant les yeux, croise son regard. Noir. Il se détourne. Un mot atterri devant lui quelques secondes plus tard. Il le déplie lentement.

Pourquoi tu es venu t'assoir ici ?!

Se tournant vers elle, il hausse les épaules, puis retourne le morceau de papier.

Aucune idée.

Du coin de l'½il, il guette sa réaction. Une seconde après, un léger sourire s'étale sur ses lèvres. Au fond, c'est peut être comme ça que tout a commencé...

Flash Back


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Note Moi ici : *

# Posté le lundi 26 janvier 2009 14:46

Modifié le vendredi 27 février 2009 02:06

Amour, ange de neige et visage aux yeux clos.Louis Emié.

Amour, ange de neige et visage aux yeux clos.Louis Emié.
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_________ Lorsque j'ouvre les yeux, Luna se tient devant moi et me scrute d'un air interrogateur. Elle s'aperçoit sans difficultés que j'ai pleuré : mes yeux ont rougis et sont cernés de noir.

-
Le panda ça ne te va pas très bien, Puce. Fait-elle remarquer doucement.

_________ Je hausse les épaules. Mon apparence n'a plus grande importance à présent. En quelques secondes, elle balaye la pièce du regard. Il ne lui faut pas plus de temps pour trouver l'objet - et malheureusement la victime - de ma contrariété : Mon portable, en miettes, gît sur le sol. Elle soupire.

-
Ana'... La prochaine fois que ça ne va pas, débrouille toi pour te défouler sur autre chose que ce malheureux portable, je crois qu'il a déjà assez souffert, non ?

_________ Il faut avouer qu'il est en piteux état, surtout pour ses quelques mois de vécu mais après tout...

-
Tu sais bien que l'agence m'en rachètera un... dis-je légèrement blasée.

_________ Elle me regarde tristement, bien consciente que ça ne va pas, mais depuis le temps, elle ne sait plus vraiment quoi faire pour me remonter le moral. Je crois qu'elle a définitivement tout essayé. La seule solution est désormais d'en parler, mais elle sait qu'avec moi ça ne va pas être facile, il faut m'arracher chaque mot de la bouche.

-
Lucas ? me demande-t-elle après un court silence.
- Même pas... soupirais-je.


_________ Elle ouvre des yeux ronds. Depuis qu'il est parti, le seul objet de ma colère et de ma déprime, c'est lui. Plus rien d'autre n'a d'importance à mes yeux. Sauf qu'aujourd'hui tout est différent. La routine habituelle a disparu pour laisser place a une incompréhension suprême.
Je vois son sourcil gauche se lever, signe d'une réflexion intense. Après quelques minutes, elle "réalise" enfin :

-
Ne me dis pas que... s'exclame-t-elle.
- Eh si ! soupirais-je, on croit rêver hein ?
- Tu m'étonnes ! Et... Ca s'est passé comment ?
- Mal.. Je n'en reviens toujours pas d'avoir réussi à discuter avec elle !


_________ Je sens qu'elle va protester.

-
Non Luna ! Je t'arrête tout de suite, il n'y a pas de "mais" qui tienne, Elsa n'est pas ma mère ! Je ne l'ai jamais considérée comme tel, c'est pas aujourd'hui que ça va commencer !

_________ Elle ne dis rien, mais je sais très bien qu'elle n'en pense pas moins. Je vois dans ces yeux une sorte de tristesse. Elle souffre pour moi de ne pas avoir eu l'amour d'une vraie mère à mes cotés pendant mon enfance. J'ai toujours considéré sa mère comme la mienne. Celle-ci était bien trop occupée par son travail et son image. De toute mon enfance elle n'a pensé qu'à une chose : les gens de la haute et leurs mondanités. Depuis que je suis toute petite, elle porte bien plus d'attention à ses fêtes soi-disant caritatives, qu'à sa propre fille. Bien sûr, mes nourrices se sont toujours bien occupées de moi, parfois même avec amour, mais le fait de n'être considérée que comme une poupée de chiffon que l'on affiche sur le devant de la scène, par ma propre mère, m'a profondément traumatisée.
_________ C'est à mes débuts dans le mannequinat que ses yeux se sont posés sur moi autrement que comme sur un pantin. Elle me voyait comme un moyen pour gagner de l'argent, encore un peu plus d'argent. Surtout depuis la semaine dernière : on m'a proposé un gros contrat, elle a du se "renseigner", ce qui est une autre façon de dire qu'elle a fait sa fouine quoi. Elle espère maintenant devenir mon "manager" et gagner un petit pactole en me donnant des ordres. Sa passion. Seulement, cette fois je n'ai pas l'intention d'accepter, loin de là. Alors, bien sûr, je vais aller dans ce resto chic ou elle m'a conviée, je vais jouer la petite fille modèle et faire comme si rien ne s'était passé. Le temps d'un dîner, je vais oublier toute cette ranc½ur envers elle, juste pour lui montrer à quel point je la méprise. Et si jamais, si jamais elle ose me parler de management, je jure que ce sera la dernière fois de sa vie qu'elle me verra. Longtemps, j'ai espéré avoir un peu de tendresse à la maison. Quelqu'un qui vienne me dire bonne nuit le soir, quelqu'un qui aimerait avoir une sorte de complicité avec moi... Le jour où je lui ai demandé, elle m'a regardé de haut et a dit que c'était totalement ridicule de la part d'une grande fille riche comme moi. J'ai fait avec, mais j'en ai énormément souffert. A ma majorité, je suis donc partie de la maison. J'en ai effectivement bavé pour me débrouiller toute seule, enchaînant les petits boulots humiliants, les cours, et les nuits dehors, mais je m'en suis finalement sortie. Il faut dire que c'est en grande partie grâce à Lucas. J'aurais baissé les bras sans lui. Quand j'ai décroché ce job, j'étais la fille la plus heureuse du monde ! Enfin presque... La plupart de mes collègues étaient des jeunes filles pédantes, dédaigneuses et méprisantes. Exactement les mêmes que Elsa. J'ai failli abandonner, jusqu'à ce que je rencontre Luna... Elle est mannequin elle aussi, et c'est la deuxième rencontre plus fabuleuse de ma vie, la première étant Lucas bien sûr.
_________ Je sais bien que je ne devrais pas me plaindre, j'ai une vie en or et une chance inouïe d'exercer de métier. Je sais aussi qu'un tas de fille se damneraient pour être à ma place, on me l'a encore dit à la fête, seulement... Ce n'est pas que les strass et paillettes, l'envers du décor peut être parfois affolant. On change soudain de monde en arrivant dans les coulisses. Il suffit de voir tout le stress que chaque défilé engendre. Les gros contrats possibles, les grandes marques... Toutes les filles sont droguées jusqu'à la moelle, pour ne plus ressentir la fatigue, la pression et l'angoisse. Coke, Héro, Cannabis,... Tout y passe. Ajoutez à ça les litres de champagne qui se vident à chaque défilé et vous vous rendrez peut être compte du travail exceptionnel des maquilleuses.
_________ Petite, j'étais persuadée que la vie des grands était palpitante, Elsa avait l'air de tellement s'amuser... Je trouvais ma vie d'enfant petite et ennuyeuse, je voulais grandir vite pour enfin avoir accès à tout ce qui rendait ma mère si heureuse. J'ai ensuite vite compris que tout n'était pas si rose, et soudain on veut redevenir enfant, mais c'est toujours trop tard... On regrette, puis on trouve une personne qui nous montre qu'il y a tout de même des choses qui valent la peine d'être vécues en grandissant. Lucas a été cette personne pour moi, puis, peu après, Luna. J'ai trouvé avec eux une amitié si forte, que j'aurais pu crever pour eux..
_________ Ces dernières pensées me rassérènent soudain, et, sous les yeux ébahis de Luna, je me lève et me dirige vers la salle de bain pour retirer les derniers résidus de crayon noir qui entouraient mes yeux mimaient si bien ceux des pandas.

-
Ana ? m'interpelle-t-elle.

_________ Je tourne la tête vers elle en souriant.

-
Oui ?!
-Tu comptes aller quelque part ? demande-t-elle.


_________ A vrai dire, non. Enfin pas avant qu'elle me pose la question. Parce que là, tout naturellement, je lui réponds :

-
J'aimerais aller au cimetière, puis faire un tour à l'agence. Peut-être aussi retrouver cet ami de Lucas. Je voudrais entendre parler d'eux quand ils étaient plus jeunes, avant qu'on ne le connaisse.

_________ Elle me regarde bouche-bée.

-
Ana' ? Tu es sûre que ça va ? s'inquiète-t-elle soudain. Tu es bizarre non ?!
- Pourquoi tu dis ça ? je demande.


_________ Elle hausse les épaules.

-
Tout d'abord, tu te lèves brusquement après une réflexion aussi interminable qu'incompréhensible. Tu décides d'aller au cimetière sans raison particulière, toi qui hais ça plus que tout. Et puis.. Tu veux retrouver ce Matthew qui, il y a trois jours à peine te faisais si peur. Avoue que c'est bizarre tout de même !
- Effectivement, vu comme ça... dis-je. Mais tu vois, ma rencontre avec Matthew m'a beaucoup fait réflechir. A ce que je faisais de ma vie, avant et après Lucas, à mes sautes d'humeurs... Et je me suis rendue compte que depuis sa mort, je m'étais en quelque sorte interdit de vivre. Alors, à partir d'aujourd'hui, tout va changer. Je vais retrouver l'Ana' d'avant. Même si ça va être difficile, j'ai bien l'intention d'y arriver. Avec toi si tu veux bien m'aider...


_________ Ses yeux bruns s'agrandissent sous l'effet de la surprise. Son visage s'illumine. Elle me saute dans les bras, presque en larmes.

-
Ana'... Tu m'as tellement manquée !

_________ Ce sont mes yeux qui s'emplissent à présent de larmes. J'ai changé ces trois dernières années, sans vraiment m'en rendre compte, mais quelque chose s'est brisé en moi. Quelque chose que je veux rafistoler, tant bien que mal.

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Note Moi ici : *

# Posté le mercredi 04 février 2009 14:50

Modifié le vendredi 27 février 2009 02:05

Il faut être nomade, et traverser les idées comme on traverse les villes et les rues.Francis Picabia.

Il faut être nomade, et traverser les idées comme on traverse les villes et les rues.Francis Picabia.
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_________ Le quatre janvier deux mille neuf, une jeune fille rayonnante sort de son appartement. Rayonnante ?! Oui, c'est le mot. En apparence en tous cas. Parce que personne ne peut soupçonner ce qu'elle cache au fond d'elle. Personne ne peut imaginer tout ce qu'elle a pu endurer. En 21 ans, 244 mois, 7 442 jours, 178 608 heures, 10 716 480 minutes, 642 988 800 secondes... Il s'est passé tant de choses a chaque instant de cette vie.. Que parfois on pourrait se demander si il ne se serait pas passé trop de choses. Trop d'événements, trop d'émotions, trop de joies et de souffrances... On pourrait croire qu'à présent elle n'a plus rien a vivre, et pourtant... Personne ne se doute de ce qu'il va encore lui arriver. Elle même n'en a aucune idée..
_________ Aujourd'hui, elle a décidé d'être heureuse. Beaucoup de gens - je m'en doute - diront que ce n'est pas si facile. On ne décide pas comme ça d'être heureux.. Pourtant elle si, et ça marche. C'est le sourire aux lèvres qu'elle avance dans la rue, son I-pod sur les oreilles, comme d'habitude. Une sorte d'aura de lumière flotte autour d'elle. Une aura qui pour un moment au moins, redonne un peu de bonheur aux gens qui la croisent. Un don ?! Peut être... Ça non plus, elle ne s'en doute pas. Elle marche, ignorant le monde qui l'entoure. C'est sa façon à elle d'oublier ses problèmes.
_________ Arrivée devant un immense édifice en verre, elle s'arrête et sourit. C'est ici. Elle s'avance alors, montre un badge et se dirige vers les ascenseurs. 48eme étage. Commence alors une lente progression dans un silence des plus total. Elle est seule et les parois en verre lui permettent d'apprécier une vue d'ensemble de chaque étage. C'est une des choses qu'elle apprécie le plus ici, comme si l'immeuble n'avait plus aucun secret pour elle, qu'on ne pouvait rien cacher. 32ème étage : les portes de l'ascenseur s'ouvrent, laissant place à un mystérieux jeune homme. Haussant un sourcil, la jeune fille l'observe. Elle ne l'a jamais vu ici. Pourtant son visage lui dit quelque chose. Elle sent soudain son regard posé sur elle. Il la scrute, devine-t-elle. Elle se détourne alors. Et regarde les nombres défiler un à un. Le 48eme étage, enfin. Elle sort précipitamment, laissant l'homme un air interrogateur gravé sur le visage.
_________ Perturbée par cette étrange rencontre, la jeune fille ne regarde plus où elle va. Quelques secondes plus tard, elle percute de plein fouet une employée chargée de dossiers. Se confondant en excuses, la jeune fille ne réalise pas tout de suite qui elle a en face d'elle. L'employée, quand à elle s'occupe de ramasser ses dossiers. C'est quand leurs regards se croisent qu'elles se reconnaissent.

- Anastasia ! s'exclame l'employée. Ça faisait longtemps qu'on ne t'avait pas vue ici !

_________ Anastasia sourit. Longtemps... Une semaine environ. Mais c'est vrai qu'en général, elle passait sa vie ici. C'était toujours la première à arriver, et la dernière à partir. Elle ne comptait même plus ses heures supplémentaires. Elle aimait son job. Ce n'était pas qu'une simple mannequin, elle se chargeait aussi d'organiser des défilés, de la plupart des séance photos, et de la gérance des books de nombreux mannequins. Elle aimait son métier et ça lui permettait d'oublier l'extérieur qui ne lui plaisait en général pas beaucoup. Son patron l'appréciait, du fait, énormément. Ce qui engendrait la jalousie de la plupart des mannequins. Des filles surtout. Elles étaient persuadées qu'Ana' faisait ça pour se faire bien voir. Pour tout dire, ce n'était pas son but principal, mais il est vrai qu'elle avait accès à beaucoup de défilés de grandes marques grâce à son acharnement. Et aussi à son physique. Ce que certaines filles n'arrivaient pas à concevoir. Elle était sublime. Sublime et naturelle. C'est ce qui faisait son charme. Faisait, car c'était jusqu'à ce que sa beauté ne soit ravagée par la tristesse qui submergeait son c½ur. Cependant, aujourd'hui elle était véritablement divine. Ce que ne manqua pas de remarquer Paola, l'employée en question.

- Mon Dieu, ma chérie ! Tu es radieuse !

_________ Oui, c'est une coutume dans le milieu : tout le monde appelait tout le monde "Chérie" ou "Ma Chérie". Ana avait toujours trouvé cette "tradition" totalement idiote et dénuée de sens. En effet, la plupart des gens de ce monde étaient hypocrites et ne pouvaient pas voir leurs collègues en peinture. Et pourtant... Cela perdurait. On s'appelait "Chérie" à tous les étages. Anastasia ne put s'empêcher de grimacer, mais elle se repris à temps. Heureusement, car une nouvelle question de la plus curieuse de toutes les employées de cette agence arrivait et risquait de la faire grimacer encore plus :

- Tu serais pas amoureuse toi ?!

_________ Ana ouvrit des yeux ronds, mais reprit très vite une contenance. Paola était connue pour être la pire des commères.

- Voyons Paola ! Si j'étais amoureuse, avec ton flair tu aurais été la première au courant ! Et puis, nous sommes dans la maison de cristal, ne l'oublie pas ! Ici chaque chose se sait, une seconde après qu'elle se soit produite !

_________ Après quelques secondes passées à discuter avec cette charmante secrétaire, Ana s'excusa et s'éclipsa. Elle devait absolument voir son patron, à propos d'Elsa. Si jamais cette dernière l'avait contacté, elle devait le savoir. Elle n'arrivait pas encore très bien à cerner ce qu'il se passait dans la tête de sa soit disant mère, bien qu'elle la connaisse par c½ur.
_________Quelques minutes plus tard, elle était dans le bureau du boss. Elle avait cru ne jamais y arriver, à chaque pas effectué on l'interpellait. Les "Ma Chérie" pleuvaient, autant que les "Mais où étais-tu passée ?". A croire qu'on ne pouvait plus prendre une semaine de congés sans que la moitié de la boîte soit au courant. Bref. Elle y était arrivée, c'était le principal. Devant la porte, elle respira un grand coup et frappa. Il suffit d'une minute ou deux pour que Monsieur Descourvières l'invite à entrer. Elle poussa la porte du spacieux bureau. Une grande baie vitrée l'illuminait et permettait aux quelques plantes vertes de survivre. Deux ou trois assistantes couraient dans tous les coins de la pièce : le patron n'avait pas la réputation d'être quelqu'un de très tendre... Pourtant, c'est avec un sourire bienveillant qu'il accueillit son mannequin préféré. Anastasia se sentit ainsi mise en confiance. Seulement quand il ouvrit la bouche, tous ses espoirs s'envolèrent...

- Anastasia, une certaine Elsa m'a appelé... annonça-t-il.


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Note Moi ici : *

# Posté le lundi 23 février 2009 12:00

Modifié le vendredi 27 février 2009 02:05

Le soleil noir de la Mélancolie..Gerard De Nerval.

Le soleil noir de la Mélancolie..Gerard De Nerval.
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_________ C'est en courant que je sors de l'agence. Encore une fois je n'y crois pas. Encore une fois, elle m'a prouvé qu'elle était forte, très forte. Encore une fois, elle s'est surpassée pour me faire du mal. Je me doutais un peu du coup qu'elle préparait, mais là... Je n'orais jamais cru qu'elle était capable d'une telle.. Fourberie. D'un tel culot.. Elle a osé appeler mon patron un dimanche midi, alors qu'il déjeunait avec sa famille. C'est quelqu'un qui travaille beaucoup, et rares sont les dimanches où il peut passer un peu de temps avec sa femme et ses enfants. Alors, non seulement elle a eu le culot de l'appeler pendant un de ces moments privilégiés, mais en plus, elle s'est permise de lui demander de l'embaucher. Est-ce que pendant une seconde, vous vous rendez compte? L'embaucher. Elle ! Elle a essayé, encore une fois, de s'immiscer dans ma vie. Mais, le plus fort, je crois que c'est encore l'argument qu'elle a osé lui donner. Je serais apparemment "très perturbée" en ce moment, et j'aurais besoin de "la tendresse et l'affection de ma mère a mes cotés pendant cette période difficile". Quand David m'a rapporté ses propos, j'ai manqué de tomber de ma chaise. De la tendresse et de l'affection... Pendant vingt-et-un an, elle n'a été capable de m'en donner. C'est aujourd'hui qu'elle commencerait ? Excusez-moi d'en douter.. Mais heureusement, mon patron n'est pas quelqu'un qui se laisse avoir comme ça. Il est loin, bien loin de toutes ces manipulations. C'est un homme d'honneur, qui, à ma connaissance, ne s'est jamais fait avoir. Même pas par les plus rusés. C'est quelqu'un d'intelligent, de doux et sensible. Il me connait bien plus qu'on ne pourrait le croire. Il sait qu'aujourd'hui je vais bien. Beaucoup mieux qu'à une époque en tout cas. Il sait aussi que c'était il y a trois ans que j'avais besoin de l'amour et l'affection de ma mère. Pas aujourd'hui ! Il a très bien compris que les propos d'Elsa étaient douteux. En cinq ans de mannequinat, elle n'est jamais apparue à une seule des réunions pour les parents de mannequin mineurs, ni à aucun défilé. Il n'a jamais entendu parler d'elle. A part peut-être une fois, par Lucas au début.
_________ Non, David ne se serait jamais fait avoir. Pas par elle. Il est venu me demander mon avis, et il a eu raison. Il a ensuite passé un coup de téléphone a une "charmante dame, certes, mais qui ne méritait absolument pas d'avoir une fille si jolie et talentueuse." Je cite bien sûr, propos que j'ai entendu à travers la porte une fois partie.
_________ Mon patron est un mec génial, c'est vrai, j'en suis consciente. Alors pourquoi suis-je autant bouleversée ? Peut être parce que... Après tout, c'est et ce sera toujours la femme qui m'a mise au monde. Un lien particulier nous unit, malgré tout. Et puis, pendant une demie seconde j'ai cru à cette histoire. J'ai pensé que cette histoire de job, c'était peut être en fait un véritable moyen de se rapprocher de moi, de rattraper le temps perdu.. Et juste après, je me suis rappelé ce contrat avec Christian Lacroix. Le fric. Rien que le fric. Ça a toujours été, et ce sera toujours la seule chose qui l'intéresse..

_________ Mes pas m'ont menée je ne sais où. Dans un parc sûrement. A l'extérieur de la ville, mais dans ses alentours, puisque j'entends encore les bruits des moteurs et des klaxons. Cette nuit, la neige est beaucoup retombée ; les quelques bancs dispersés dans le champ sont recouverts d'un épais manteau blanc. J'adore ce paysage, il me calme. Je me trouve une place sous un arbre que la neige a épargné. Je m'assied alors, rassemblant mes jambes contre ma poitrine et laissant retomber ma tête sur mes genoux. Mes yeux me piquent, pourtant, aucune larme ne réussit à couler. Putain de fierté tiens ! Il y a des jours où je voudrais quand même bien réussir à la mettre de coté. Un moment au moins, une seconde.. Je déteste pleurer en public. La dernière fois, c'était à l'enterrement de Lucas. Je n'ai rien pu retenir : pendant plusieurs heures, de grosses larmes de crocodile ont coulé sur mes joues. Rien ni personne n'a réussi à me consoler. Et puis tout s'est arrêté, comme ça. Je m'étais vidée. Asséchée. Pourtant la tristesse était toujours là. Je crois même qu'elle ne m'a jamais quittée. Et qu'elle ne me quittera jamais.. A cette idée, et à toutes les autres, mon corps est brutalement secoué par une tonne de sanglots. Je pleure. Sans pouvoir m'arrêter. Je sanglote. Je tremble. L'impression que mon monde et mes certitudes s'écroulent autour de moi. Depuis la mort de Lucas, plus rien n'est pareil, c'est vrai. Mais aujourd'hui.. C'est encore différent. Je ne comprends plus rien. Je ne suis plus sure de rien. A cette pensée, mes pleurs redoublent. Je sens alors une présence à coté de moi. Sans en être sure. Un bras autour de mes épaules. Un doigt qui caresse ma joue. Tout a l'air si réel que je me prends à y croire. Sans oser lever les yeux, de peur que ce rêve disparaisse. Parce que oui, c'est un rêve. Ce ne peut être autre chose qu'un rêve.. Et pourtant.. Quand cette main qui quelques secondes plus tôt a caressé ma joue, me tends un mouchoir. Je ne résiste pas à l'envie de lever les yeux. Et ce que je vois, ou plutôt celui que je vois, aurait tout à fait pu être un rêve. Des yeux noisettes ; cernés de noir. Un visage d'ange. Un sourire enfantin. Des cheveux longs noirs, parsemés de mèches blondes. Un regard de confiance absolue. Une flamme quasiment indiscernable dans la lumière de ses yeux. Un jeune homme. Charmant. Tout à fait charmant. Je ne vois pas d'autre terme. Je suis si surprise que mon rêve soit si réel que je perds la parole. J'accepte le mouchoir d'un sourire a travers mes larmes. Il me réponds par deux rangées de dents blanches désordonnées. Je remarque un détail intriguant : une paire de lunettes noires délicatement posées sur son front. Un piercing à l'arcade droite. Un grain de beauté sous l'extrémité de la lèvre inférieur. Autant de détails captivants qui me renseignent peu à peu sur mon sauveur. C'est la première fois que je rencontre quelqu'un capable de venir secourir une personne terriblement triste dans un parc. Alors oui, c'est un sauveur. Mon sauveur. Et puis je pense à toutes ces histoires qu'on raconte sur les pervers, les hommes qui en fait ne veulent que vous mettre dans leur lits.. Il parait qu'ils ont l'air gentils au départ.. Ca me fait peur. Des tonnes d'expressions ont du passer sur mon visage car je vois son sourcil gauche se soulever avec amusement en signe d'interrogation. En même temps.. Comment une personne si belle pourrait être méchante? Comment pourrait elle faire du mal? J'ai du mal a y croire. Vraiment. Alors je lui souris. Confiante moi aussi. Il a l'air rassuré soudain. Cet air de connivence ne peut que me confirmer ses bonnes intentions. Je me serre contre lui, ayant l'impression d'avoir retrouvé toute ma foi en la vie.

_________ Il y a des rencontres comme ça qu'on fait par hasard et qui vous changent une vie. Lucas faisait partie de ceux là. Luna aussi. Évidemment. Et j'ai le pressentiment que cet inconnu, ce rêve en fera partie aussi. Tout comme Matthew. J'aimerais leur exprimer ma reconnaissance, mais tous les mots du monde ne seraient pas suffisants. Alors, blottie un peu plus fort contre lui, je lui souris encore et murmure :

-
Merci..

_________ Son ongle noir caresse encore ma joue. Rien d'autre n'est plus important. Je me sens bien a présent. Qu'importe qu'il me soit totalement inconnu, ou alors que je sois peut être en danger. Pour l'instant je me sens en sécurité. C'est tout ce qui m'importe.


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Note Moi ici : *

# Posté le dimanche 22 mars 2009 16:18

Modifié le jeudi 30 avril 2009 07:15